Le sonnet marotique : Bord de Sèvre.

Huile sur toile d’Yvette ma maman

Bord de Sèvre

C’est une barque bleue entre ciel et bocage
Qui rêve d’aventure et de parfums nouveaux ;
Seuls quelques promeneurs en ces jours estivaux
Font oublier un peu ce douloureux parcage…

Comme l’hiver fut long ! Tel un oiseau sans cage,
En ayant parcouru la berge et les caveaux,
Il noya sans compter rigole et caniveaux,
Chaque maison crut vivre au sein d’un marécage !

Aujourd’hui le printemps fait rire les bosquets,
Les roseaux et les joncs se montrent bien coquets,
Même la poule d’eau se mêle à l’euphorie !

Quand la chaleur s’endort dans les orgues du soir,
Le soleil épuisé gagne son encensoir,
Et la Sèvre reprend sa douce rêverie !

Annie

Le sonnet alterné : Rêve mystérieux.

 

Rêve mystérieux

Je fais bien trop souvent ce rêve très étrange
Qui m’amène à revoir mon ancienne maison…
Ce souvenir sans fin m’assomme et me dérange,
L’inconscient sans doute anime ma raison !

Combien de temps encor vais-je hanter la grange,
Où nous rangions le bois à la morte saison,
Plutôt que ma chambrette au doux parfum d’orange ?

J’ai beau vouloir franchir la porte du couloir,
Tout est mystérieux, je respire avec peine…
L’ écheveau se complique, à mon grand désespoir !
Un bien grand changement se rajoute à ma peine…

Mais que font tous ces gens qui parlent sans me voir ?
Vite il me faut partir en refermant le pêne
Afin de retrouver mon calme et mon boudoir !

Annie

La Rotrouenge : Les fleurs.

 

 

Les fleurs

 

Oh quel plaisir de voir s’ouvrir les fleurs,
Car de cela jamais je ne me lasse !
Celles des champs aux multiples couleurs,
Vont par instinct où le vent se prélasse…
J’aime les fleurs.

Dans les jardins chacune est un bonheur
Pour le regard qui doucement se pose
Sur l’une ou l’autre, afin de rendre honneur
A leur beauté qui parfois se repose…
Vive les fleurs !

Chaque bouton fait naître le désir
Qu’il s’ouvre enfin pour ôter les œillères.
Ah qu’il est bon de pouvoir le saisir
Ce pur joyau, dont la nature est fière !
Bonjour les fleurs !

Lys ou jasmin, arum majestueux,
J’aime vous voir naître dans ma parcelle !
Et si le temps devient tumultueux,
Je crains toujours que l’un d’eux ne chancelle !
Ô pauvres fleurs !

Annie

Le sonnet marotique : Printemps.

 

Printemps

Le temps est revenu de voir s’ouvrir les roses,
De gagner les bosquets où les amants fidèles,
S’en vont main dans la main guetter les hirondelles,
Où cueillir du bonheur, maintes dentelles roses.

Adieu les jours frileux ! Adieu tristes névroses !
Bientôt refleuriront les belles muscadelles,
Nous n’aurons plus besoin d’allumer les chandelles,
Car les jours seront longs au pied des primeroses !

Les matins sont en or, les cieux sont diamants,
Oh mois des mariés que vous êtes charmants !
On se doit d‘être heureux au son des campaniles.

Voici venir aussi les plus belles chansons
Qui, sous les feux du ciel, bénissent les moissons
Mêlant leur voix profonde aux notes juvéniles.

Annie

Sonnets à kyrielle avec un ami poète, suite et fin !

 

Une valse à trois temps


Ha! Madame merci, votre obstination
Me redonne l’espoir car à travers la danse
Mon corps retrouvera sa grâce et son aisance
Vous montrant que mon cœur est plein de passion.

Et je pense déjà, c’est une obsession,
Sur vos lèvres, cueillir cette belle substance
Qui viendra redorer toute mon existence
Vous montrant que mon cœur est plein de passion.

Mais prenez donc ma main qui n’est point égotiste,
Car je n’ai qu’un désir c’est d’entrer sur la piste
Vous montrant que mon cœur est plein de passion.

Cette valse à trois temps, oh charmante prouesse
Nous tiendra enlacés, merveilleuse promesse
Vous montrant que mon cœur est plein de passion.

Capricorne

Tendre hiver

Emportez moi, Monsieur, dans cette valse tendre,
Ainsi que deux flocons, dansons sur nos hivers,
Recousons notre vie à l’endroit à l’envers !
Le grand froid plus jamais ne viendra nous surprendre !

Nos cheveux seront blancs, mais nous saurons apprendre
A vivre à petits pas sur un autre univers,
Celui qui nous conduits à cultiver les vers ;
Le grand froid plus jamais ne viendra nous surprendre !

Je serai votre muse et vous, fier cavalier,
Vous m’offrirez ce bras fort et hospitalier.
Le grand froid plus jamais ne viendra nous surprendre !

Et le ciel bénira nos heures de satin
Quand votre œil, mon ami, se fera plus mutin !
Le grand froid plus jamais ne viendra nous surprendre !

Annie

Sonnets à kyrielle avec un ami poète, suite.

Repoussoir

Hélas, tout mon espoir ternit et puis s’affaisse,
Votre lettre Madame, est mon grand désespoir
Et mon âme déçue, embossée au butoir,
Tant votre atermoiement trop exigeant me blesse.

Comment puis-je chanter sans vous mettre en détresse
Car ma voix de fausset est un vrai repoussoir
Qui ne pourrait hélas, votre cœur, émouvoir
Tant votre atermoiement trop exigeant me blesse.

Je ne verrai jamais le ciel de votre lit
Et voilà tout à coup mon désir ramolli
Tant votre atermoiement, trop exigeant me blesse.

Mais c’est avec regret que j’attendrai l’été
Afin de rêver à votre décolleté,
Tant votre atermoiement trop exigeant me blesse.

Capricorne

Encouragements

Mais pourquoi pensez-vous être si décevant ?
Écoutez cet oiseau dont la voix nous étonne,
Il n’est pas rossignol et pourtant il chantonne !
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Rejoignez moi ce soir, je serai sous l’auvent,
Mais ne tardez pas trop, voici venir l’automne,
Et je crains d’avoir froid sous ce ciel qui moutonne !
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Si chanter vous fait peur, pour une valse lente,
Ah vous m’obligeriez à me faire galante !
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Quand vous m’enlacerez, je ne serai farouche,
Peut-être aurez vous droit au parfum de ma bouche…
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Annie

 

Suite de sonnets à Kyrielle : En écho à Annie.

 

 

En écho à Annie

Votre doux madrigal m’emplit d’émotion
Et croyez bien Madame en mon impatience
De vous chanter l’amour en toute conscience,
Pour déposer ici mon admiration.

Mais veuillez accepter cette Partition
Pour m’avoir déclaré votre intime audience
Afin que je chantasse en toute confiance
Pour déposer ici mon admiration.

Je sens en vous la fleur aux soucis de recluse
Et vous offre mon cœur en qualité de muse
Pour déposer ici mon admiration.

Ce serait un plaisir de cueillir vos pétales,
En ce beau paradis, le pays des vestales,
Pour déposer ici mon admiration.

Capricorne

Proposition

Vous dirai-je Monsieur tout mon empressement
A recevoir ici votre cœur en otage ?
Mais si votre désir exige davantage,
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Comme il doit être bon dans ce confinement
De se retrouver deux pour un savant partage !
Me pardonnerez-vous ce tout petit chantage :
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Sous le ciel de mon lit, vous aimerez sans doute,
Apaiser ce chagrin qu’aujourd’hui je redoute,
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Quand la nuit tombera sur notre bel été,
Votre main sera douce à mon décolleté ;
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Annie

Sonnets à kyrielle avec un ami poète.


Je vous présente un échange de sonnets à kyrielle écrits avec un talentueux ami poète, membre du forum Poésis, que je remercie pour sa belle interprétation.

Affabulation

Madame écoutez-moi exhaler mon soupir,
Au jardin du désir caché sous ma couette
Car je rêve la nuit de votre silhouette
Mais chassé par un sort, las je dois déguerpir.

Et ma terreur gonflant sans pouvoir s’assoupir
J’entrevois votre corps, rêvant de sa conquête
L’esprit paralysé je tairai ma requête
Mais chassé par un sort, las je dois déguerpir.

Je crois voir dans vos yeux de belle prisonnière,
La supplication pour être la première,
Mais chassé par un sort, las je dois déguerpir.

Aujourd’hui j’aspire à vous offrir  ma pervenche
Pour enfin espérer de prendre ma revanche
Mais chassé par un sort, las je dois déguerpir.

Capricorne
 
Invitation
Oh monsieur croyez-moi, je sais votre chagrin !
Ami je vous attends depuis belle lurette,
Me feriez-vous l’honneur d’habiter ma chambrette ?
Ah chantez moi l’amour en pur alexandrin !
J’y serais votre muse, et vous mon suzerain,
Et s’il vous sied aussi de me conter fleurette,
J’emprunterais l’habit d’une humble bergerette !
Ah chantez-moi l’amour en pur alexandrin !
Si le désir vous prend de cueillir mes pétales,
Je quitterais, c’est sûr, l’univers des vestales…
Ah chantez-moi l’amour en pur alexandrin !
Vivons le paradis avant que tout s’envole,
Le bel âge est printemps, il aime être frivole…
Ah chantez-moi l’amour en pur alexandrin !
Annie
 

Le sonnet à kyrielle : Fin de confinement.

Fin de confinement

Il souffle dans mon cœur un vent de liberté
Depuis que le printemps quitte sa houppelande
Pour fleurir les genêts qui poussent sur la lande ;
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

La foule des oiseaux semble se concerter
Devant un frais buisson dont la belle guirlande
Vient choir au cœur de la tulipe de Hollande ;
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

Il pleut des papillons, des confettis de lune,
Autour de mon jardin croulant sous sa fortune ;
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

Une rose a souri, une abeille s’envole
Afin de retrouver un iris plus frivole…
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

Annie