Le sonnet français : Automne.

 

Aquarelle de mon amie Marie-Luce. 

Bravo Marie-Luce !

 

Automne

La fougère a roussi, les chênes en sanglots
Offrent leurs chapelets de glands à la nature
Sur lesquels mon pied glisse avec désinvolture,
Effrayant la hulotte et quelque doux mulots.

Il pleut des feuilles d’or, comme si des brûlots
Avaient cramé les bois dont la haute mâture
Taquine un nouveau ciel qu’un nuage torture,
Après avoir éteint ses tout derniers falots !

Le temps est arrivé de cueillir sur la mousse
Cet étrange bonhomme à la tendre frimousse
Qui plaît à l’omelette ainsi qu’à mon gosier !

Quand l’automne s’invite au seuil de ma chaumière,
Je ne sors plus jamais sans mon panier d’osier,
Qui reprend tendrement sa tâche coutumière !

Annie

Stances : Mon chemin de bruyère.

 

 

 

J’ai en ce jour une pensée particulière pour monsieur Jean-Paul Magois, ancien président de l’Essor poétique de la Roche Sur Yon, poète au grand cœur, amoureux des jolis mots, qui  vient de rejoindre les étoiles.  Ce poème fut écrit à l’occasion de jeux floraux 2016 sur le thème du chemin.

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Mon chemin de bruyère

Mon chemin caracole entre le temps, l’espace,
Jouant à chat perché comme à saute-mouton,
En se faisant mutin quand la bergère passe,
Il rajoute une fleur au col de son veston !

Pour couronner l’été, s’habillant de verdure,
Il offre au promeneur des senteurs et des chants ;
On y vient oublier combien la vie est dure
Dans les bras de bruyère et de soleils couchants…

Ami du pèlerin il en fait un surhomme
Tandis qu’il vire vire et monte et redescend ;
Si d’aucuns de penser : « Tout chemin mène à Rome »,
Le sentier dont je parle est vraiment ravissant,

Il préfère aux honneurs la caresse divine,
Celle que l’on reçoit dans le feu du matin
Dès qu’un rayon de ciel s’échappe et puis ravine
Pour fondre tout son or au creux d’un serpentin !

Annie Poirier

Le sonnet marotique : Christiana.

 

Les deux romans de Christiana chouchous de ma bibliothèque !
Merci à mon amie pour m’avoir citée dans « Cachemire rouge » que ce soit dans la première édition ou la seconde traduite en Italien ! C’est un grand honneur pour moi car je suis loin de l’avoir  mérité !

 
Christiana Moreau
Artiste peintre, sculptrice
Auteure du roman La sonate oubliée aux Éditions Préludes et au Livre de Poche
  • Prix des lecteurs Club, auteur belge 2017
  • Prix du premier roman du Rotary Club Cosne-sur-Loire 2018
  • Prix 2018 « Une terre, un ailleurs » des médiathèques Durance, Lubéron, Verdon, premier roman 
Cachemire rouge, roman aux éditions Préludes
 
 

Christiana

Mon amie est artiste, au talent sans limite,
Séductrice au grand cœur des amoureux du beau,
En ralliant la femme à son joyeux flambeau,
Elle a pour nous toucher sa propre dynamite !

Des entrailles du temps, comme une stalagmite,
Elle sort des trésors de leur sombre tombeau,
Mais sa plume n’a pas la noirceur d’un corbeau,
Elle a les pouvoirs fous d’un morceau d’adamite !

De Seraing à Venise, au son d’un violon,
Elle aime à voyager au dos d’un aquilon
Avec pour seul bagage un pull en cachemire…

Ses mains sont de velours, son pinceau délicat,
Chaque œuvre a le goût fin d’un raisin de muscat,
Comprenez-vous pourquoi, je l’aime et je l’admire !

Annie

Le sonnet ïambique : Le silence des fleurs.

 

Le silence des fleurs

Je préfère conter les fleurs et leur silence
Plutôt que l’être humain
Quand il brasse de l’air avec cette insolence
D’indigne vieux gamin !

J’en cueille la beauté que leur tige balance
Pour me tendre la main
C’est ma façon de fuir le laid, la violence
Qui croisent mon chemin.

Pardonnez quelques pleurs face au dernier pétale
D’une rose en chiffon
Elle avait oublié, l’innocente vestale,

Le nuage griffon,
Le puceron gourmand d’une beauté fatale
Et ce monde bouffon !

Annie

Le sonnet marotique : Fin d’été.

 

Huile sur toile d’Yvette ma maman

 

Fin d’été

Les enfants sont partis, voici venir l’orage,
Le soleil, fier vainqueur des vacances d’été,
A roussi la campagne et son décolleté
Où coule désormais un délicat moirage.

Le tonnerre à nouveau laisse éclater sa rage,
Ramène une fraîcheur dont la sobriété
Pousse encor à chérir la tendre oisiveté
Qui baigne son ennui dans le creux d’un mirage…

La fontaine s’est tue au grand dam des oiseaux,
Guettant à qui mieux mieux le floc de quelques eaux
Lorsqu’une courte averse amorce sa reprise.

Dans la moiteur du soir, l’ombre avance à grands pas,
Invite la nature au tout dernier repas,
Celui d’une saison qui déteste la brise….

Annie

Le sonnet marotique : Fausse générosité.

Superbe tableau d’un ami poète Michel Doucet et peintre de talent.

A lire aussi chez mon amie Marie

 

Fausse générosité

Certains vont à confesse et d’autres vont à Lourdes,
Pour calmer le scrupule il faut la mission ;
Le mieux serait bien sûr une association
Que l’on nomme à loisir « Le nid des coquelourdes » !

C’est ainsi que parfois des peines bien trop lourdes,
En attendant du ciel leur part de potion,
Offrent à l’entourage une proche action
Qui n’aura pas l’attrait d’un repas de palourdes !

Agir en solitaire est peu valorisant,
Car plus on est de fous et plus c’est amusant,
On en oublie un peu l’objet de toute cause !

Le charisme n’a pas une voix de ténor,
Et lorsqu’il veut briller ce n’est pas de son or,
C’est d’avoir su guérir le chagrin dont on cause !

Annie

Le Rondeau parfait : Le verger de la France.

BLOG EN PAUSE

Le verger de la France

Quand l’horizon s’étire en vallons cotonneux
Mon regard cherche encor d’un vieux moulin les ailes ;
J’ai le cœur qui bat fort, serait-il amoureux
De cet endroit magique aux senteurs de prunelles ?

Il y fait chaud l’été, jusque sous les tonnelles 
Où s’accroche la vigne à de vieux troncs noueux
M’invitant à penser que les heures sont belles 
Quand l’horizon s’étire en vallons cotonneux !

A leur dieu tout là-haut brûlant de mille feux
Sourient les tournesols dans leurs jaunes dentelles ;
Accompagnant les ris – éclats majestueux –
Mon regard cherche encor d’un vieux moulin les ailes.

Défilent les vergers, pleines sont leurs mamelles
Du sirop de leurs fruits ; oh rien n’est plus fameux
Que ce péché de chair au goût de mirabelles !
J’ai le cœur qui bat fort, serait-il amoureux ?

Et dans les champs dorés les blés sont en cheveux,
Frissonnent de plaisir tant que les alumelles
N’arrivent pour tailler les toupets généreux
De cet endroit magique aux senteurs de prunelles.

J’aime de ce pays toutes les étincelles
Que le soleil ravi lance du haut des cieux,
Pour les fondre au sommet des neiges éternelles
A tel point qu’aujourd’hui je referme les yeux
Quand l’horizon s’étire…

Annie








Le Doucet : rêve de paladin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau de Michel Doucet, poète, auteur de ce délicat tableau et inventeur de cette forme de poésie.

Rêve de paladin

Que j’aime à découvrir derrière les clôtures
L’intimité de lieux que je ne connais pas !
Est-ce donc mon instinct qui guide ainsi mes pas
Me conduisant ravie au fil des aventures ?

Pénétrer du regard le fouillis d’un jardin,
Afin d’y déceler de futures boutures,
Suffit à mon plaisir d’étrange paladin !

J’adopte le lézard qui file sous la treille,
Et caresse le chat endormi sur un banc.

Tandis qu’un chant joyeux me fait dresser l’oreille,

Je sens comme un parfum proche de l’oliban
Que dégage une rose à nulle autre pareille…

Et si par pur bonheur je découvre soudain
Un univers peuplé d’étranges créatures
Je m’invite aussitôt tel un nain de jardin !

Quand l’esprit bien nourri de toutes ces moutures
Décide de quitter les délicats appas
De cet endroit magique aux couleurs de lampas,
C’est qu’il a pour projet des rencontres futures !

Annie

Le sonnet à écho : A toi Flormed.

 

 

A toi Flormed

Aujourd’hui je te lis cher poète au grand cœur
Afin de partager tous les pleurs de ton âme ;
La mienne est aux abois, bien souvent te réclame,
Je me noie en tes vers et leur douce liqueur…

Il me faut en finir avec cette rancœur
Qui me fait regretter la fin d’une famille
N’ayant connu, hélas, qu’un morceau de ramille ;
Je me noie en tes vers et leur douce liqueur…

Crois-tu que nous pourrions chanter tous deux en chœur,
Après avoir tant bu dans la coupe trop pleine
D’une dure existence à la mauvaise haleine ?
Je me noie en tes vers et leur douce liqueur…

Aujourd’hui je te lis cher poète au grand cœur,
Je me noie en tes vers et leur douce liqueur…

Annie

Et voici en écho à mon sonnet, un bout rimé de mon maître et ami Flormed, que je remercie de tout cœur !

Le piot des rimes

Nous avons le piot* des rimes dans le cœur,
Notre plume abreuvée au flot des pleurs de l’âme.
Érato, de là-haut, le vin des vers réclame,
Ne trouvant son ivresse en nulle autre liqueur

En son palais, jamais ne germe la rancœur,
Azur où le soleil est l’esprit de famille
Sous l’œil d’un ange soûl aux ailes en ramille ;
Ne trouvant son ivresse en nulle autre liqueur.

N’avons-nous pas chanté l’hymne sacrée en chœur,
Sous les regards si doux de Séléné, si pleine
De grâce, qui vidait cent godets d’une haleine
Ne trouvant son ivresse en nulle autre liqueur.

Nous avons le piot des rimes dans le cœur.
Ne trouvant son ivresse en nulle autre liqueur.


M. Zeid

Piot : boisson, vin

Le sonnet français : Mots pour maux.

MERCI  Maria pour cette sublime mise en page !

Mots pour des maux

Poésie, ô mon âme ! ô ma douce amertume !
Si je prise ton art, c’est au nom de ce pleur,
Que je verse aujourd’hui pour calmer la douleur
Se vêtant de nouveau d’un minable costume.

Appeler au secours cela n’est pas coutume ;
Dans mon simple univers j’ai pour seule valeur
Un silence troublé par un merle siffleur
Dont le chant bienvenu calme mon apostume.

Puisque le monde est sourd, à quoi sert de crier ?
Mieux vaut tremper sa plume au fond de l’encrier
Pour y puiser des mots que le ciel peut entendre.

Quand le temps reviendra de dresser le couvert,
Avec si peu d’amis, il faudra bien comprendre
Que mon désir sera d’aller me mettre au vert !

Annie