Le sonnet Pétraquien : A bas le Covid !

Un bel écho chez Annick !

A bas le Covid !

Vous les enfants gâtés n’ayant connu de guerre,
Réveillez-vous enfin ! Ouvrez mon horizon !
Ôtez ce masque infect, écoutez la raison,
Ma liberté s’arrête et la vôtre est vulgaire !

Vous oubliez déjà tout ce qui fut naguère,
Et pourtant le passé pleure son oraison.
Combien de nos aïeux ont quitté leur prison
Sans profiter jamais de notre instinct grégaire…

La balle est dans le camp des plus savants que nous,
Ceux qui par leur science ont guéri mon doux père
Quand la tuberculose avançait à genoux…

On vous offre la vie et non pas la vipère !
Combien il sera bon de quitter les burnous,
Quand ce fichu virus mourra dans son repaire !

Annie

Le sonnet français : Le bal des hirondelles.

Le bal des hirondelles

Hirondelle jolie au balcon de ma prose,
J’aime à te voir valser quand ton cri de bonheur
Rejaillit tout à coup sur mon rêve flâneur
Qui cherche à oublier le gris d’un jour morose.

En te voyant choisir ma vieille poutre rose,
Pour y bâtir ton nid, en tout bien tout honneur,
Mon verbe a réveillé son instinct butineur,
Envoûté par ta grâce et l’éclat d’une rose !

J’ai suivi avec joie, à la frange des cieux,
Ton incessant ballet, au charme précieux,
Et chaque jour mon âme a dansé d’allégresse !

Puis tes anges sont nés… Au spectacle vivant,
J’ai rajouté le lien d’un bouquet de tendresse,
Un sourire enjôleur et mon amour fervent !

Annie

Résultats des Arts et Lettres de France 2021.

 

Voici mes résultats du 53 ème concours des Arts et Lettres de France 2021. Moins bons que l’an dernier mais, qui sait, meilleurs seront les prochains ! On a le droit de rêver !

 

La Terza-Rima
Trop tard

Je voulais réunir la fleur avec le fruit,
Pour en faire un bouquet de nouvelle tendresse,
Mais tu n’as su m’offrir qu’un silence et son bruit.

Mendiante d’amour, j’espérais ta caresse,
Un peu comme autrefois, lorsque j’étais enfant,
Car en ces temps bénis on ne sait la détresse.

Dans tes bras j’éprouvais un plaisir triomphant
A me faire bercer, nichée en cette osmose,
Dont j’ignorais alors le pouvoir étouffant.

Ah combien j’ai souffert de la dure ecchymose
Que ta fuite inutile a laissée en mon cœur,
Aujourd’hui tu reviens, je ne suis plus ta chose !

Ne pouvant remplacer celui dont la liqueur
Enivrait tes désirs de folles aventures,
Tu rejettes sur moi des colliers de rancœur.

Nous aurions pu, maman, dans de tendres pâtures,
Construire un autre nid, sans reproche et sans heurt,
Pour accueillir, enfin, maintes progénitures ?

Hélas, je vois déjà l’éclat du jour qui meurt.

Annie

Le sonnet marotique : Plus me plaît…

 

Plus me plaît…


Plus me plaisent ces lieux que le touriste ignore,
Dont le charme discret se découvre en rêvant,
Le long des vieux logis, courtisés par le vent,
Plutôt que ces endroits que seul l’argent déflore.

Comment ne pas honnir ce béton carnivore,
Polluant le regard et le soleil levant,
Tandis que mon village, au minois captivant,
Fait à chaque saison, danser la belle aurore !

De l’église endormie, aux ailes du moulin,
J’aime la promenade à l’heure du déclin
Quand le jour fatigué délaisse ma verrière.

Je goûte à ce nectar, comme on goûte un présent,
Offert par un ciel pur et son baiser grisant,
Puis je ferme les yeux pour clore ma prière !

Annie

La Terza- Rima : Je t’aime à la folie.


Je t’aime à la folie

J’ai trouvé ce matin, comme un retour de flamme,
Des mots incendiant les élans de mon cœur,
Mais qui dormaient en paix aux tréfonds de mon âme.

Le désir réveillé, tel un malin croqueur,
Dénouant le velours des amours éternelles
Savoura de nouveau la divine liqueur !

Qu’il était bon ce temps au goût de mirabelles
Quand l’été de la vie offrant son lendemain
Ne lâchait pas encor ses multiples ombelles !

Et les yeux dans les yeux et la main dans la main,
Nous avons tant marché sur des rives lointaines,
Qu’on s’égarait parfois sur un plus doux chemin.

Nous avons bu l’amour aux vieux becs des fontaines
Et prêté des serments à ne plus en finir
Sous des cheveux de nuit aux teintes incertaines.

L’on se quittait cent fois, mais sans y parvenir,
Cent fois je relisais les promesses écrites
Que nous nous échangions pour peindre l’avenir.

Comprenez-vous pourquoi j’aime les marguerites ?

Annie

Le Rondel : Mon père ce marin.

Mon père ce marin


Il avait tout pour être heureux,
L’intelligence, une belle âme ;
Il porta loin son oriflamme,
Bravant un monde coléreux.

Voilà qu’un jour très amoureux,
Il fit chanter l’épithalame ;
Il avait tout pour être heureux,
Adieu Neptune et puis sa lame !

Comment cet être généreux,
Accepta tout, caprice et blâme ?
Encore aujourd’hui je le clame,
Mon père fut trop généreux,
Il avait tout pour être heureux !

Annie

Le Blason : Soleil.

 

Soleil


Parfois je joue à l’ingénue,
Robe légère et jambe nue,
J’espère attiser ce frisson
Qui te rendra fort polisson !
Je ne dis rien, je me régale,
Je sens que mon feu de Bengale
N’attend que toi pour apaiser,
Grâce à l’appui de ton baiser,
Les flammes de cet incendie
Qui n’a rien d’une comédie !
Enfin  te voici, te voilà !
Plus de lainage ou falbala,
Cotillon simple et sandalette,
Je demeure sur la sellette !
Pour profiter du bel été,
Je t’offre mon décolleté,
En oubliant, ô bel amant,
Que tes rayons sont du piment !

Annie

Le Bout-Rimé : Au soleil de Rio.

 

Le Soleil

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures
Les persiennes, abri des secrètes luxures,
Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,
Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés
Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.

Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Éveille dans les champs les vers comme les roses;
II fait s’évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir !

Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes,
II ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s’introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

— Charles Baudelaire


Au soleil de Rio

A Rio le soleil caresse les masures
D’où s’échappent parfois les rires des luxures
Que le temps, vieil ami des soupirs redoublés,
Fauche comme l’on fauche et le pauvre et les blés.
Le Christ lève les bras, et vers les cieux s’escrime
A fondre dans l’azur sa prière et la rime
Que les Cariocas, pieds nus sur les pavés,
Font chanter chaque jour sur des frissons rêvés.

Dans cette baie immense, on soigne les chloroses,
Avec force sambas qui font danser les roses
Et les belles de nuit, dont la robe arc-en-ciel,
Met en valeur les teints aux fragrances de miel.
Faux mendiants d’un soir, posés sur leurs béquilles,
Retrouvent leur allant sous le baiser des filles,
Si tendres à croquer, tels ces fruits à mûrir,
Que l’on cueille trop tôt les pressant de fleurir…

La nature alentour déborde sur les villes ;
On oublie un instant toutes les choses viles,
Les riches font causette avec quelques valets
Puis les yeux sur le Pain retrouvent leurs palais !


Annie

Le sonnet français : L’angoisse.

L’angoisse


Celui qui ne sait pas l’angoisse et sa souffrance,
Ne peut imaginer tout l’ampleur du dégât,
Quand un passé retors, plus poisseux qu’un nougat,
Vous tient le dragée haute, allant jusqu’à l’outrance.

Vous pensiez l’avoir vu tirer sa révérence
Dans un jardin gourmand de rose ou seringat,
Ne pouvant supporter, en triste renégat,
Que l’on puisse sourire à la moindre fragrance !

Et voici qu’il revient se repaître à nouveau,
De chiendent, de soucis, de l’eau d’un caniveau,
Où votre esprit se noie en son propre mal être.

Vous avez beau vouloir repousser l’ennemi,
Il vous colle à la peau comme un timbre à sa lettre
Tandis que vous rêvez d’une note de mi…

Annie